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Eva.H

Eva.HMeli-melo de mes maux.De mes mots. AVIGNON. Marseille. Universcitadine. LLCE-ANGLAIS. Retardataire.Théâtreuse. Rêveuse Amoureuse.Revoltée. Chanteuse de Mélodrames & Ecrivaine Romantique (ahaha)

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Quelle importance qu'ils me fassent la peau ...

Par Eva.H :: 14/03/2008 à 0:51 :: Hey CRIS




Quelle importance, qu'ils me fassent la peau...


Clyde écrase son mégot, d'un geste delicat. Il remet son perfecto bien droit sur ses épaules. Il déteste par dessus tout, le manque d'élegance de la gent masculine. Comme si une paire de couilles incombait à l 'homme, une absence naturelle de grâce. Très peu pour lui. Le mauvais garçon, aux cheveux gominés, regard brûlant, aime être impeccable.Un esprit sain dans un corps sain, voilà ce qu'il se plaît à dire.Entre deux crises de nerfs. Clyde a une facheuse tendance à la propreté maladive. Le genre de crime compulsif qui fait mauvais genre chez les voyous. Il récupère son flingue, rangé scrupuleusement entre les chaussettes, et les chemises blanches, puis sort de l'appartement en coup de vent. Il ne reste jamais longtemps au même endroit. Raisons professionnelles.C'est un petit mec qui ne fait que voler les gens paumés et qui zone avec une bande de mafieux declassés.Une petite frappe qui ne vit que de combats entre gangs et de portefeuilles garnis. Le jeune homme aime les ballades nocturnes, cet air qui vient lui chatouiller les bronches, et le silence croissant d'une ville qui s'endort. Il peut entendre ses pensées, enfin, personne ne vient le faire chier avec des histoires à la con. Il est Libre. C'est une liberté qui le transcende, qui lui donne un illusoire pouvoir d'invincibilité. Les promenades nocturnes, il n'y a que ça de vrai. Et puis, il y a ce banc, SON banc. Dans Central Park, un endroit de nuit, illégal et jouissif. Ce banc blanc, qui la journée invite de gentilles dames d'un certain âge à reposer leur carcasses usées, sert de receptacle à névroses pour bandit deprimé la nuit.

Clyde aime ce banc. Cette parenthèse d'un instant, ce lieu unique, veritable havre de tranquilité. En ce moment, il se damnerait pour une nuitée presque éternelle. Car ça ne va pas fort aux pays des malfrats; il n'éprouve plus le même sentiment d'excitation qu'autrefois; le serpent de l'adrénaline qui lui donnait des ailes et qui guidait son instinct, d'une volonté presque animale semble mordre sa queue. Clyde s'ennuie presque. Naguère, il se sentait voler sous l'ardeur du combat, sous le flot de balles qui venaient lui frôler les entrailles. Aujourd'hui, l'excitation n'est plus la même, elle semble s'amenuir, se vider de toutes endorphines. Et il reste seul, presque fatigué de devoir lutter pour vivre. Arrivant à hauteur du banc, le jeune homme s'étonne. Une ombre semble l'avoir devancé, prête à aliéner son espace sacré. Pour se calmer, Clyde sert la crosse de son arme,qui gonfle sa poche. Mais qui est cet emmerdeur venant lui piquer sa place dans ce putain de parc? Au moment même, où il s'apprete à se lancer dans des invectives, qui à coup sûr se concluerait par une bonne trempe, l'ombre se retourne. Plutôt canon, l'ombre.

Il est frappé par la bouche. Une bouche fine, sans être sèche. Une bouche simple, mais qui invite presque d'autres bouches à la caresser. Et puis, il y a ses seins, deux ovales de félicité qui semble tenir dans une main. Enfin, son regard s'arrête sur les cheveux de l'intrus mesestimé. De longs cheveux blonds venitiens, qui lui descendent en cascade, jusqu'au bout des hanches, des cheveux d'héroïnes de temps passés.. Il ne sait même pas pourquoi mais son esprit est traversé par l'image moyennageuse de dulcinées en fleurs sur de splendides monts catalans, l'ombre lui fait penser à une somptueuse princesse espagnole. Les taches de rousseur qui viennent lui manger le visage, tenant presque à lui mordiller la frange, achève de le séduire totalement. Il ne sait d'où elle vient, ni qui elle est, mais ce soir Clyde a le coeur qui semble imploser dans sa poitrine, écrasant ses poumons. Le souffle coupé, il s'avance timidement, lui pourtant connu pour son insolence, apparaît soudain aussi pleutre qu'un chiot appeuré.

« Charmante nuit, n'est ce pas? »

Il a envie de se gifler pour avoir prononcé cette phrase d'une banalité déconcertante.

La belle ombre expire de longues traces fumeuses dans l'air. Puis, elle se décide à jauger l'inconnu qui a l'affront de l'emmerder, elle, qui n'aspire qu'à se fuir sur le banc blanc.

Maladroitement, il s'asseoit, près d'elle. Il remarque son collant effilé.L'odeur qu'elle dégage est celle d'une fleur restée trop longtemps au soleil. Elle a les yeux verts, enduits de khôl, et sa robe est demodée. Mais il ne peut empêcher la lente mort de tous ses organes, étouffés par un coeur éponge.

Elle joue avec ses multiples bagues,tremble, dans le froid brumeux.

Il retire son perfecto, et le lui met doucement sur les épaules.

Elle n'est même pas étonnée du geste de l'inconnu. Perdue dans ses pensées, elle se deteste. Et soudain, elle se met à balancer tout ce qui lui ronge l'âme, deversant un flot de paroles, ancrées d'amertumes. Elle n'est donc qu'oie blanche parmi les oies, fraîchement debarquée de sa campagne natale, pour se jetter dans le gouffre béant d'une carrière utopique à Broadway, et échouant naturellement dans un bar miteux, où elle doit se battre pour que le patron misogyne et violent, ne l'emmène à l'arrière cuisine.

Elle n'est qu'une actrice ratée. A ses mots, des larmes salées coulent sur sa bouche.

Elle sert le perfecto sur ses épaules.

Clyde est bouleversé par le discours désenchanté de la belle inconnue. Mué par une impulsion soudaine, il caresse son visage, de ses doigts de voleur.

Elle plante son regard dans le sien. Ses yeux sont francs, sans gène, sans pudeur aucune.

Le jeune homme se sent transpercé par deux iris vertes.

Il n'en peut plus. Crevant d'envie d'emporter sa belle ombre, dans les méandres de l'obscurité, il sent comme un lien indestructible entre leurs deux corps. Au premier regard, il a sû que cette bouche serait sienne.

Et sa voix rauque, surprenante pour ses vingt printemps, comme abimée par une vie mediocre et sans avenir remue ses tripes de façon sauvage.

« C'est quoi ton nom? Viens avec moi » balance t'il .

« Pourquoi? Pourquoi est-ce que je suivrais un parfait inconnu, rencontré par hasard, sur un banc merdique, dans une ville qui me donne envie de vomir? »

«  ... Parce que c'est ça la vie. La vie, c'est des rencontres, des instants d'instinct. C'est une personne qui entre, un soir où tu ne t'y attendais pas une seconde et qui te transforme à tout jamais. C'est ça la vie. L'Amour et la Haine qui ballotte ton coeur dans des zones de grandes turbulences. Et tu vis pour ça, pour cette Haine Amoureuse qui legitime jusqu'à ta respiration.

Et tu vas me suivre. Tu sais pourquoi? Parce qu'il n'y a rien de plus excitant, de plus jouissant, que d'avancer les yeux fermés, vers l'inconnu. Je suis ton inconnu, chérie. Alors suis moi. »

La rouquine descend du banc, regarde Clyde un bref instant et l'embrasse à pleines bouche, son baiser est tellement violent que leurs dents s'entrechoquent. Mais ils n'en ont rien à branler. Oui, c'est l'Amour dans leurs bouches, leurs corps frémissant dans la sensualité du baiser volé.

Il sent sa langue contre la sienne, tous ses membres se durcissent. Il est arqué,prêt à recevoir cette étreinte du soir. Il promène ses mains, dans son dos, descend jusqu'à ses fesses rondes, puis remontent presque prudemment. Il frôle du bout des doigts sa nuque sensuelle, fardée de petits cheveux rebelles.

Il serre cette jeune fille à demi-femme contre lui.

Elle se relève doucement. Ses yeux bordés de larmes, son sourire triste et son coeur qui bat comme un beau diable dans sa jolie poitrine rendent la princesse espagnole irresistible.

Elle lui murmure alors à l'oreille:

« Bonnie. Bonnie Parker. »


Et Clyde Barrow éprouve un curieux sentiment d'excitation et de douce chaleur quand la voix rauque de Bonnie Parker vient susurrer à son oreille.

Soudain, toute l'angoisse qui le dévorait semble disparaître.

Le couple s'éloigne, serrés l'un contre l'autre, sous le silence obscur d'un ciel sans étoiles.

Ce ne sont bientôt plus que deux ombres.

E.H

NE DIS RIEN.

Par Eva.H :: 13/03/2008 à 23:52 :: Hey CRIS
Un soir, l'idée germe. La transmission synaptique des pensées s'affole. Une écriture sur l'autel de l'Amour sacralisé. Les mots pansent la blessure un peu secrète d'un coeur en lambeaux. Mes maux pensent, en toute mélancolie, puis couchent sur le papier, un rêve où se noient Fantasmes, Réels et Imaginaires ...



Lecture en cours : Ne dis rien.  Anna K & Serge Gainsbourg.



Il allume un cierge. Sans trop y croire, sans y comprendre grand chose, le voilà face à la bougie incandescente. Ses grand yeux verts se noient dans l'âtre de la flamme qui commence à lui brûler les doigts. Sans trop savoir pourquoi, il aime ce lieu. La sacro-sainte église de Vérone exerce sur lui une attirance toute particulière. Est-ce pour ses cantiques de castras? Pour son curé ventripotent, qui s'enivre chaque soir du sang du Christ? Dans le fond, il s'en moque bien. Il se laisse seulement porter par le bien-être qui l'envahit soudain. Comme si une âme chrétienne venait lui chuchoter quelques mots au creux de l'oreille, comme si quelques saintes mains venaient à frôler ses paumes, dans un bruissement d'ailes. Il croise son image dans le reflet biaisé d'un vitrail. L'italien est angélique. Ses boucles blondes contrastent avec le miel de sa peau. Son corps est comme sculpté dans la glaise grecque, s'offrant, désireux, presque tremblant, à l'Ivresse sensuelle. Il en a sauté des filles en fleurs, de son arbre impénitent. Il en a « aimé », de passage. L'amour incertain et volatile de l'oiseau du désir, qui ,comme tombé du ciel, s'envole tout aussitôt.

Il écrit, beaucoup, énormément, passionnément. Il écrit sur la belle Rosaline, qui se refuse à lui, depuis quelques temps déjà. Il écrit de grandiloquents textes, afin de bousculer l'équilibre d'une vie un peu trop fade à son goût. Il écrit sur le patriarche qui l'ennuie. Il écrit sur cette vie de plaisirs libertins et innocents. Mais, au creux de son coeur, il tente vainement d'écrire pour la lutte. Oui,Il essaie de se mesurer à la Vie, alignant les mots, trempant sa plume dans l'encre d'un destin qui semble n'appartenir qu'à lui.

Il se sent seul.

C'est,en fait, un poète raté. Il y a beaucoup de justesse et de vrai, mais il n'y aucune beauté dans ses mots. Et Il souffre de ne pouvoir arriver à la quête transcendentale d'une écriture sublimée. L'écriture lui fait mal. Il jette ses mots, avec un certain dégoût, comme si chaque lettre écorchait la chair de ses doigts. Il noie ses angoisses dans un marasme boueux de phrases capitonnées de Laideurs. C'est une vie de frustration qu'il illustre dans de sordides métaphores, de combats manichéens à la mythologie éculée. Il cherche quelque chose Autre, quelqu'un? L'instant salvateur qui le délivrerait de cette fluidité merdique, de sa poèsie sale et fausse. Il n'aspire qu'à frôler du bout de la plume, cette Beauté tant desirée.

La poèsie est la sublimation de l'écriture, où chaque prose, où chaque vers devient la secrète mélancolie d'un coeur froissé.

Et si, sa médiocrité n'était que le miroir sans tain de son manque de souffrance?

Ainsi, n'ayant jamais aimé que de tout son simple corps, son esprit demeurait insensible,hérmétiquement clos à la magie poetique, qui ne se nourrit que du déséspoir et du malheur de souffrir d'Amour.

Sur le banc des croyants, il ne se sent guère à sa place.

Les doigts pleins de cire, il tourne la tête.

Il tourne la tête,sans savoir que la rencontre fortuite qu'il s'apprête à faire, le condamnera à écrire la plus belle des poesies.

La poesie qui ne s'écrit plus, celle qui se VIT.

Dans l'embrasure de la porte en bois de l'église italienne, se découpe une silhouette qui lui est presque familière. C'est une ombre féminine aux grands yeux marrons et mélancoliques. La vue de cette frêle et pâle icône lui dévore le ventre.

Et soudain, Roméo sentit à nouveau la caresse des anges quand son regard vint se poser sur Juliette.




E.H


Premier Jet. A peaufiner.