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Eva.H

Eva.HMeli-melo de mes maux.De mes mots. AVIGNON. Marseille. Universcitadine. LLCE-ANGLAIS. Retardataire.Théâtreuse. Rêveuse Amoureuse.Revoltée. Chanteuse de Mélodrames & Ecrivaine Romantique (ahaha)

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(In such an ugly world.)

Par Eva.H :: 15/04/2008 à 4:02 :: Bals du Ciment



Je finis mon verre de vin, les yeux gorgés de chimères.
(3h40 : l'heure des rêves incolores, des pensées confuses et des métastases d'ennui)

A travers la vitre, quelques passants déambulent et gesticulent, oscillant sur un trotoir peu épais.
La ville, mutine, m'offre ses néons, nappée de lumière artificielle, orangée.
Je balaye d'un regard trouble les quelques maisons voisines, toutes closes sous d'imperturbables rideaux.
Je créverais presque de les entre-ouvrir ces fameux rideaux, ces volets de fortunes.
En manque de corps à serrer. Désirs acérés,
Seul et médiocre; tapi derrière ma lucarne, à épier les faits et gestes de tout un chacun.
Je me faufile, au gré des fenêtres. Je peux jusqu'à sentir leur parfum, frôler un décor.
Alors, j'imagine ...
J'imagine des vies, des visages. Des vies en coups de vents. Des visages de hasard.
Je m'inspire d'un langage à part, un langage en substance, au creux de ces fenêtres.
Je peux sentir le souffle d'un Encore, un Idéal.
Je sens l'excitation monter en moi.
Et ces vies entre-coupées de lointaines musiques, d'images d'instant...

Je finis mon verre de vin, en quelques lampées indécentes.
Quelques gouttes d'alcool pourpre
coulent le long de ma bouche, et viennent se mourir dans le col de ma chemise.
Mes yeux balayent les quelques fenêtres, qui s'éteignent, une à une.
Les maisons s'éloignent.
Bientôt, mon écran devient noir.













- TAKE A WALK ON A WILD SIDE. I SAY HEY BABE' ...

Par Eva.H :: 13/03/2008 à 2:58 :: Bals du Ciment

Lundi 11 Mars.Je déteste parler du Temps, mais il me faut bien contextualiser ce début de semaine, pour le moins haut en couleurs.Lundi, donc. Soirée d'attente lascive dans un bar, Place Pie. Les yeux dans le vague, la gamine se sent quelque peu perdue du haut de son un mètre quatre-vingt deux. Attente d'un autodidacte, aux antipodes du musicos coolos. Attente, donc. Longue Attente. Arrivée. Alors, viennent les demis, pour se faire pardonner, et (...) la Musique.
La répétition tant ATTENDUE. C'est un peu cliché d'aimer chanter. Tout le monde aime chanter, même si c'est en se cachant derrière de plates auto-critiques. Mais j'aime chanter. J'aime sentir les cordes d'une guitare sèche accompagner ma voix. J'aime le sentiment euphorique de poser ses tripes sur un morceau.


 Inqualifiable, la place que peut prendre la musique dans ma vie.
Bob Dylan, bien sûr, The Velvet Underground, The Doors, Janis Joplin, Patti Smith, Bowie, Iggy Pop (& les Stooges), Gainsbourg, surtout,  Jimi Hendrix, pour ne citer que quelques claques. Je suis restée coincée, focalisée, obsedée par cette musique des années passées. Mon Père. Ce père qui me fait écouter Zappa, VanHalen, Led Zep et Lou Reed depuis mes couches culottes. Ce père qui me fit tournoyer sur le petit Train des Rita M. Les mauvaises langues y verraient un complexe des plus oedipien.Mais cette musique est notre Lien. Un lien infaillible. C'est ces nuits à écouter de vieux cds éculés, à argumenter sur les paroles du Velvet, à critiquer Andy W. , à se repasser les monstrueux riffs d'Hendrix. Ces souvenirs gravés, tamponnés, ancrés. La musique, donc. La répétition de ce Lundi 11 Mars. 9 Crimes, Damien Rice.
Se nourrir à l'oeil chez le chinois, pour se faire pardonner la si longue attente.



 Mardi 12 Mars,  une journée qui commence vers midi. Un attentat poétique? Un illuminé du cours de poésie qui déambule parmi les pompeux étudiants, venant distribuer quelques poèmes sur les clowns. S'enchaîne quelques histoires, comme cette timide prise de paroles, ce psychopathe croisé en B.U qui croit voir un message caché derrière les masques. Lui (...), ses yeux surtout. Et puis elle. La poésie touche à sa fin, quand les poèmes viennent à manquer, et que l'heure défile, sur le cadran Sainte Marthe.
Après-midi relativement calme, ponctuée d'un examen de Civilisation Britannique.
Violente et Irrépréssible envie de me fracasser la tête contre le crâne, réalisant quelques bêtises écrites.
Et puis c'est la nuit. La chanson dans ce bar,Place Pie. Cette angoisse de scène, cette soudaine violence des sens. Et puis la voix se dégage et se libére du carcan de la peur;plus rien ne compte que cette Envie insatiable de chanter encore et encore. L'espace d'une chanson. Un Très beau souvenir. Je ne connaissais que l'autodidacte et le serveur aux demis, que soudain j'ouvrais à ce bar les plis de ma robe à travers l'intimité d'une voix feutrée.Une mise à nue mélancolique, en quelque sorte. * Plaisir *

Mercredi 13 Mars, soirée inopinée, toujours les meilleures. Soirée tapas au locas, plaisir de manger en compagnie de ses accolytes de fac d'Anglais, déplaisir d'y croiser un prof plus que sadique (que je ne peux m'empecher de secrètement admirer.) Plaisir, surtout. Et puis cette excursion improvisée dans un Palais des Papes silencieux, cette escalade digne de nos treize ans, et la peur, toujours, de se faire choper. Un Palais de Nuit, plus austère tu meurs. Une ville éclairée pleines d'ombres et de désirs. C'est ce verre de vin en haut du rocher des doms, la fascinante contemplation,de vies en vies, à la lumière des fenêtres.
Je me suis promise d'y revenir avec un amoureux, le coeur au bord des lèvres, lovée dans Un Palais des Papes des plus clandestins.
Et puis, dans une rue, il y a ce biscuit noix de coco, se faire pardonner de ne pas être venu la veille.

La nourriture semble pallier à la faute et l'absence. (va pour la bouffe,à défaut d'une baise, ahaha)


Belles soirées. Soirées où on s'échappe, un peu.

Finalement, Avignon a son petit charme, et ses heures de grâce.
Insomnies, Insomnies, ... En attendant, écoute ici.















Puisque toute fin trouve un jour son commencement.

Par Eva.H :: 12/03/2008 à 18:04 :: Bals du Ciment

" Vous êtes une jeune fille éthérée. "
 : Se dit des sentiments très purs, très immatériels, parfois raffinés, et des Personnes qui les éprouvent.

Et je pense à ce fabuleux professeur de Français, à ses Marivaudages et ses discours galvanisant la troupe d'adolescents rêveurs que nous étions. Ces littéraires stigmatisés derrière leurs bouquins. Je ne crois pas que les castes sociales à peine pubères ne manquent à mon quotidien. Quoique l'envie peu consensuel de baiser quelques voyous, quelques grands scientifiques, lycéens ne m'ai jamais effleuré l'esprit.

Le Rêve et la Réalité sont deux mondes qui me sont difficiles à dissocier.
Alors, je marche. Comme si mes pas m'aidait à rêver dans un réel fuyant.
Quand je rentre dans cette Université, je me sens étrangère. Etrangère à toutes ces causes défendues avec tant d'ardeur, étrangère face au marasme grouillant des étudiants "pleins d'ambitions et d'avenir". Et puis il y a les paumés et les paresseux. Je suis d'une paresse redoutable.


Et puis, il y a ces monotonies journalières qui m'emmerdent.
 Cet Avignon, dont les voiles du pompeux volent sous le souffle exacerbé d'Un Magistral Mistral (Aucun vent...). Ces pseudos-soirées où tu prétends t'éclater follement et où l'ennui semble plus proche que la Folie.
Et tu réinventes chaque soirs de nouveaux soleils, de nouveaux horizons à cette vie, d'utopiques raisons de rester dans cette France profonde où chaque jour est une plaie qui démange.

Et puis il y a le Rêve. Et puis il y a les Mots.
Ces exorcistes de torpeur, qui te plongent dans un Idéal comateux, où le retard n'a plus grande importance.
Alors tu rêves...

Les yeux baignés de songes, mes oreilles sont portés par quelques divins textes de Dylan,ou de Ferré.Mes mains avides tournent les pages de Boris Vian, inhalant les douces effluves d'un parfum si familier,le livre du bouquiniste qui a vécu tant d'histoires.La bouche pleine de sucre et d'amères douceurs (l'amertume est au bout des hanches, le pêché avalé). Mon âme jouit soudain.
Tout le désir de cette culture est l'orgasme de ma vie. Les mots sont caresses, La musique est un baiser, les belles odeurs ne sont qu'extases frôlées, Le Sucre est un Sexe.
Tout cet érotisme plonge mon âme dans une léthargie des plus extatiques.

Je me fous du reste, tant qu'il y a la pensée, la curiosité, la soif de découvrir.
Alors oui, je m'ennuie un peu dans mon petit appartement avignonnais.
Je m'ennuie dans ces études à ralonges, qui ne me plaisent pas tant que ça.
 Je m'ennuie dans ce corps de femme, moi qui ne suis qu'une jeune fille parmi tant d'autres, un 'je' féminin se noyant dans d'autres Jeux non moins singuliers.

Mais chaque soir, chaque nuit, Il y a l'insomniaque plaisir de grimper au rideaux de la pensée & du rêve.

Jeune fille éthérée ne cherche qu'à bouder. Jeune fille éthérée ne cherche qu'à rêver.


{Un Texte un peu brouillon, à prendre à bien des degrés, symptomatique de ma pathologie la plus profonde : Mon coeur n'est qu'un bordel de mots à l'infini et le coeur de mes vides n'est fait que d'inconstantes Envies.}

-J'y glisserai  ça et là quelques choses.-