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Meli-melo de mes maux.De mes mots.
AVIGNON. Marseille.
Universcitadine. LLCE-ANGLAIS.
Retardataire.Théâtreuse. Rêveuse Amoureuse.Revoltée. Chanteuse de Mélodrames & Ecrivaine Romantique (ahaha)
(Les mots se mêlent et se démêlent dans mon coeur. De ma bouche, ne sort qu'un râle à demi-voilé, l'esquisse d'un délicieux soupir. Une nuit, de moiteur et de caresses. Le silence. Versatile silence, un érotisme à limite de la pornographie. Et ses lettres...)
Le vent souffle sur ses angoisses d'une brise glacée et froide. Ses cheveux volètent autour d'elle comme de minuscules fils d'anges. Dans la nuit d'encre, seul son pas maladroit, légèrement tremblant, crève le silence de l'obscurité. Elle marche. Elle marche sans savoir où aller. Et puis soudain . . .
Soudain, le réveil sonne et m'arrache à mes doux rêves. Je me lève péniblement, traînant mon corps endolori dans la douche, et songe encore à la nuit dernière. Une nuit éthylique où l'alcool a, une fois de plus, noyé mes pathos. L'éveil est brutal. Le mal de crâne qui m'assaille me fait penser que la journée sera rude. Je prends un café au lait, fade et sucré. Tout en enfilant un pantalon noir sans aucune forme, je ramasse ma pile de copies justes corrigées. Assistant de l'assistant dans une faculté aseptisée, d'enfants gâtés et d'indécis. Je jette, bien malgré moi, un bref coup d'oeil dans le miroir de ma salle de bains. Dieu que mes cheveux sont longs; et mes yeux bleus, immergés, dans de grandes poches violacées. Je ne suis pas vraiment beau. Tout au plus, charmant dans mon genre. Le genre de mec qui laisse à penser que les études nuisent gravement à la santé. J'attrape mes lunettes au vol et m'engouffre dans l'ascenseur qui me mènera au septième ciel. Ou au rez de chaussé, c'est selon. Et soudain, je me retrouve plongé dans le microcosme occidental, un cliché savoureux. Les commerçants s'affairent tout autour, les fonctionnaires suivent leur sempiternelle route.
Mais quelle route? Celle que l'on lit dans les plans de carrière tous tracés? Celle des sentiments mielleux et des mélos dignes d'une mauvaise sitcom? Une vie préfabriquée, sur-moulée à partir d'autres vies un peu plus absurdes. Une route de pavés grand-guignolesque ... Une bien sombre et aliénante farce.
Je suis le prototype du mec moyen, perdu dans la masse.
L'homme évident, au caractère léché et entendu, qui s'efforce de s'évader, vers un ailleurs, un ultime savoir.
L'amour, j'ai bien essayé d'y croire, mais il m'a bien vite baisé.
J'évite soigneusement quelques déjections canines avant de m'engouffrer dans le saint sanctuaire. Les étudiants grillent une dernière cigarette avant de rejoindre les amphithéâtres.
Quelques effluves de nicotine viennent se perdre dans ma veste informe.
Je monte ventre à terre les sinueuses marches du bâtiment central. J'aimerais bien toucher quelques mots, au sujet de mon ébauche de bouquin, à un de ces éminents et charismatiques professeurs avant le gong à rebours, fatidique. Et puis soudain...
Soudain, Je sens mon corps glisser le long de l'escalier. Mes pieds deviennent flasques. Il m'a semblé entendre mon squelette devenu amorphe s'être brisé en quelques éclats d'ossements. Mon crâne vomit une masse spongieuse.
Cette vue en contre-plongée d'un être étrangement familier est mon dernier souvenir.
Crever sur l'autel du savoir, quelle ironie.
Et maintenant?
Je m'attends à la lumière divine. Je me prépare à la voix gutturale d'un être infiniment supérieur.
Et puis, rien. Pas le moindre bruissement d'angéliques ailes. Pas le moindre halo de lumière sacralisé.
Rien qu'un vide à perte de vue, un vide névrotique.
Une bien étrange sensation, angoisse latente, ronge les quelques maigres espoirs qui me restent alors.