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Meli-melo de mes maux.De mes mots.
AVIGNON. Marseille.
Universcitadine. LLCE-ANGLAIS.
Retardataire.Théâtreuse. Rêveuse Amoureuse.Revoltée. Chanteuse de Mélodrames & Ecrivaine Romantique (ahaha)
Il allume un cierge. Sans trop y croire, sans y comprendre grand chose, le voilà face à la bougie incandescente. Ses grand yeux verts se noient dans l'âtre de la flamme qui commence à lui brûler les doigts. Sans trop savoir pourquoi, il aime ce lieu. La sacro-sainte église de Vérone exerce sur lui une attirance toute particulière. Est-ce pour ses cantiques de castras? Pour son curé ventripotent, qui s'enivre chaque soir du sang du Christ? Dans le fond, il s'en moque bien. Il se laisse seulement porter par le bien-être qui l'envahit soudain. Comme si une âme chrétienne venait lui chuchoter quelques mots au creux de l'oreille, comme si quelques saintes mains venaient à frôler ses paumes, dans un bruissement d'ailes. Il croise son image dans le reflet biaisé d'un vitrail. L'italien est angélique. Ses boucles blondes contrastent avec le miel de sa peau. Son corps est comme sculpté dans la glaise grecque, s'offrant, désireux, presque tremblant, à l'Ivresse sensuelle. Il en a sauté des filles en fleurs, de son arbre impénitent. Il en a « aimé », de passage. L'amour incertain et volatile de l'oiseau du désir, qui ,comme tombé du ciel, s'envole tout aussitôt.
Il écrit, beaucoup, énormément, passionnément. Il écrit sur la belle Rosaline, qui se refuse à lui, depuis quelques temps déjà. Il écrit de grandiloquents textes, afin de bousculer l'équilibre d'une vie un peu trop fade à son goût. Il écrit sur le patriarche qui l'ennuie. Il écrit sur cette vie de plaisirs libertins et innocents. Mais, au creux de son coeur, il tente vainement d'écrire pour la lutte. Oui,Il essaie de se mesurer à la Vie, alignant les mots, trempant sa plume dans l'encre d'un destin qui semble n'appartenir qu'à lui.
Il se sent seul.
C'est,en fait, un poète raté. Il y a beaucoup de justesse et de vrai, mais il n'y aucune beauté dans ses mots. Et Il souffre de ne pouvoir arriver à la quête transcendentale d'une écriture sublimée. L'écriture lui fait mal. Il jette ses mots, avec un certain dégoût, comme si chaque lettre écorchait la chair de ses doigts. Il noie ses angoisses dans un marasme boueux de phrases capitonnées de Laideurs. C'est une vie de frustration qu'il illustre dans de sordides métaphores, de combats manichéens à la mythologie éculée. Il cherche quelque chose Autre, quelqu'un? L'instant salvateur qui le délivrerait de cette fluidité merdique, de sa poèsie sale et fausse. Il n'aspire qu'à frôler du bout de la plume, cette Beauté tant desirée.
La poèsie est la sublimation de l'écriture, où chaque prose, où chaque vers devient la secrète mélancolie d'un coeur froissé.
Et si, sa médiocrité n'était que le miroir sans tain de son manque de souffrance?
Ainsi, n'ayant jamais aimé que de tout son simple corps, son esprit demeurait insensible,hérmétiquement clos à la magie poetique, qui ne se nourrit que du déséspoir et du malheur de souffrir d'Amour.
Sur le banc des croyants, il ne se sent guère à sa place.
Les doigts pleins de cire, il tourne la tête.
Il tourne la tête,sans savoir que la rencontre fortuite qu'il s'apprête à faire, le condamnera à écrire la plus belle des poesies.
La poesie qui ne s'écrit plus, celle qui se VIT.
Dans l'embrasure de la porte en bois de l'église italienne, se découpe une silhouette qui lui est presque familière. C'est une ombre féminine aux grands yeux marrons et mélancoliques. La vue de cette frêle et pâle icône lui dévore le ventre.
Et soudain, Roméo sentit à nouveau la caresse des anges quand son regard vint se poser sur Juliette.