" Vous êtes une jeune fille éthérée. "
: Se dit des
sentiments très purs, très
immatériels,
parfois raffinés, et des Personnes qui les
éprouvent.
Et je pense à ce fabuleux professeur de Français, à ses Marivaudages et ses discours galvanisant la troupe d'adolescents rêveurs que nous étions. Ces littéraires stigmatisés derrière leurs bouquins. Je ne crois pas que les castes sociales à peine pubères ne manquent à mon quotidien. Quoique l'envie peu consensuel de baiser quelques voyous, quelques grands scientifiques, lycéens ne m'ai jamais effleuré l'esprit.
Le Rêve et la Réalité sont deux mondes qui me sont difficiles à dissocier.
Alors, je marche. Comme si mes pas m'aidait à rêver dans un réel fuyant.
Quand je rentre dans cette Université, je me sens étrangère. Etrangère à toutes ces causes défendues avec tant d'ardeur, étrangère face au marasme grouillant des étudiants "pleins d'ambitions et d'avenir". Et puis il y a les paumés et les paresseux. Je suis d'une paresse redoutable.
Et puis, il y a ces monotonies journalières qui m'emmerdent.
Cet Avignon, dont les voiles du pompeux volent sous le souffle exacerbé d'Un Magistral Mistral (Aucun vent...). Ces pseudos-soirées où tu prétends t'éclater follement et où l'ennui semble plus proche que la Folie.
Et tu réinventes chaque soirs de nouveaux soleils, de nouveaux horizons à cette vie, d'utopiques raisons de rester dans cette France profonde où chaque jour est une plaie qui démange.
Et puis il y a le Rêve. Et puis il y a les Mots.
Ces exorcistes de torpeur, qui te plongent dans un Idéal comateux, où le retard n'a plus grande importance.
Alors tu rêves...
Les yeux baignés de songes, mes oreilles sont portés par quelques divins textes de Dylan,ou de Ferré.Mes mains avides tournent les pages de Boris Vian, inhalant les douces effluves d'un parfum si familier,le livre du bouquiniste qui a vécu tant d'histoires.La bouche pleine de sucre et d'amères douceurs (l'amertume est au bout des hanches, le pêché avalé). Mon âme jouit soudain.
Tout le désir de cette culture est l'orgasme de ma vie. Les mots sont caresses, La musique est un baiser, les belles odeurs ne sont qu'extases frôlées, Le Sucre est un Sexe.
Tout cet érotisme plonge mon âme dans une léthargie des plus extatiques.
Je me fous du reste, tant qu'il y a la pensée, la curiosité, la soif de découvrir.
Alors oui, je m'ennuie un peu dans mon petit appartement avignonnais.
Je m'ennuie dans ces études à ralonges, qui ne me plaisent pas tant que ça.
Je m'ennuie dans ce corps de femme, moi qui ne suis qu'une jeune fille parmi tant d'autres, un 'je' féminin se noyant dans d'autres Jeux non moins singuliers.
Mais chaque soir, chaque nuit, Il y a l'insomniaque plaisir de grimper au rideaux de la pensée & du rêve.
Jeune fille éthérée ne cherche qu'à bouder. Jeune fille éthérée ne cherche qu'à rêver.
{Un Texte un peu brouillon, à prendre à bien des degrés, symptomatique de ma pathologie la plus profonde : Mon coeur n'est qu'un bordel de mots à l'infini et le coeur de mes vides n'est fait que d'inconstantes Envies.}
-J'y glisserai ça et là quelques choses.-
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